Restauration de Têtes d’anges de Philippe de Champaigne 

Philippe de CHAMPAIGNE (1602 – 1674)
Têtes d’anges

Vers 1628
Huile sur bois
H. 56,4 cm ; L. 91,2 cm 
Donation Rosenberg
Inv. 2020.1.46

Peinture restaurée des deux têtes d'ange
Philippe de Champaigne (1602-1674), Têtes d’anges, vers 1628, huile sur bois, après restauration. Département des Hauts-de-Seine, musée du Grand Siècle, donation Pierre Rosenberg, inv.2020.1.46
© Sophie Deyrolle

Cette huile sur bois, de forme « à angles rentrés », peinte par Philippe de Champaigne (1602–1674), a fait l’objet d’une restauration en 2025 en vue de son exposition dans le futur parcours permanent du musée du Grand Siècle. La restauration du support a été confiée à Juliette Mertens ; Sophie Deyrolle est intervenue pour la couche picturale.

Le constat d’état et le diagnostic de l’œuvre

Peinte à l’huile sur un panneau de bois légèrement bombé, l’œuvre présentait plusieurs fentes visibles à la surface, ainsi que des traces d’anciennes interventions, notamment de collage. Le cadre en bois doré présentait des usures marquées, en particulier dans la partie inférieure, ainsi que quelques soulèvements et irrégularités de surface dans les angles.

Première étape : dépoussiérage et nettoyage de la surface picturale

Un dépoussiérage soigneux suivi d’un décrassage ont permis d’éliminer les salissures accumulées à la surface du vernis. Solvants et émulsions ont ensuite été utilisés pour retirer le vernis et les repeints. Grâce à cette intervention, la palette s’est rapprochée de l’état originel de l’œuvre. Les tonalités chaudes et saturées, dominées par des bruns et des rouges, ont laissé place à une gamme plus froide et nuancée. Les bleus et les gris ont gagné en lisibilité, et les zones sombres ont retrouvé leur profondeur.

Deuxième étape : stabilisation et consolidation de la couche picturale

Les traverses et le système d’encadrement, qui exerçaient une pression sur le bois ont été retirés. Les zones présentant des soulèvements ont été fixées afin de stabiliser la matière picturale. Cette étape a assuré la cohésion de la peinture avant toute intervention esthétique.

Troisième étape : masticage et réintégration picturale

La restauratrice a appliqué un mastic fin destiné à combler les pertes de matière picturale et à restituer la planéité de la surface. Les lacunes ont ensuite été retouchées par un repiquage illusionniste, c’est-à-dire une réintégration visuelle respectant les teintes et les valeurs de l’original sans chercher à imiter la touche du peintre.

Peinture des deux têtes d'ange en cours de restauration, vue après lissage
État du tableau après le bouchage. Les fissures ont disparu, la surface est homogène, les contours sont nets, les volumes ressortent avec précision.
© Stéphanie Martin et Marc Giudicelli

Quatrième étape : vernissage

Un vernis final, appliqué de façon uniforme, donne à la surface brillance et profondeur tout en garantissant une protection durable.