Restauration d’une grande glace à parecloses 

France
Grande glace à parecloses 
Vers 1715-1720
Verre, bois sculpté et doré
H. 166 cm ; L. 102 cm
Inv. 2023.16.9

Miroir appelé glacé à parecloses sur une table après sa restauration
France, Grande glace à parecloses, vers 1715-1720, verre et bois sculpté et doré, H. 166 cm ; L.102 cm. Département des Hauts-de-Seine, musée du Grand Siècle, donation Jean-Rémy Macchia ; ancienne collection André Macchia, inv.2023.16.9 © Morgann Fosse-Danglot

La glace à parcloses est une pièce de mobilier qui apparaît au début du XVIIIe siècle. Elle est composée d’un grand miroir central entouré de petites glaces maintenues ensemble par un réseau de baguettes en bois sculpté appelées “parcloses”. Un exemplaire de 1,66 mètres de hauteur, acquis en 2023 grâce à la généreuse donation de Jean-Rémy Macchia, a fait l’objet d’une importante campagne de restauration sur le verre par Louis Loubet et sur la structure en bois sculpté par Morgann Fosse-Danglot.

Le constat d’état  

La structure en bois présentait des désordres importants : fentes, éléments désolidarisés et instables, soulèvements du décor en bois doré et nombreuses lacunes du décor sculpté. L’ensemble était fortement empoussiéré et encrassé. 

Première étape : dépoussiérage et nettoyage 

L’ensemble du miroir a été dépoussiéré à l’aide d’un aspirateur et de pinceaux doux. Des pinces métalliques ont permis le retrait d’amas dans les interstices entre chaque morceau de miroir. Un premier décrassage a été effectué à l’aide d’éponges et d’un bâtonnet de coton légèrement imbibé de salive. Pour les encrassements plus tenaces, un mélange de solvant a été appliqué.

Deuxième étape : collage d’éléments en bois

Un des collages les plus importants concerne l’élément central supérieur du miroir qui a pu être remis en place, mais dont les jointures n’ont pas retrouvé leur parfait alignement avec le reste du miroir. Elles ont été comblées afin d’atténuer visuellement le décalage. D’autres éléments de décor ont également été recollés et consolidés en place dès qu’une instabilité était repérée par la restauratrice. Tous les collages ont été réalisés à la colle de poisson et chargée de pulpe de papier lorsque les joints de collage étaient plus épais.

Galerie d’images

Troisième étape : comblement des lacunes de dorure  

Une partie du miroir recouvert de gros blanc aux endroits où des lacunes de dorure étaient présentes.
Comblement des lacunes de dorure après une application de gros blanc © Morgann Fosse-Danglot

Toutes les zones de la couche où la dorure était lacunaire ont été comblées à l’aide d’un mastic traditionnel appelé « gros blanc » et préparé à base de colle de peau de lapin et de carbonate de calcium, aussi appelé « blanc de Meudon ». Le lissage du comblement et sa mise en forme ont été effectués à l’aide d’outils de reparure. Les comblements sont lissés au doigt par humidification et par polissage de la surface à l’aide d’éponge abrasives. Ces étapes ont été effectuées avec minutie, afin de ne pas dégrader la dorure originelle en bordure de ces lacunes.

Quatrième étape : modelage des éléments à réintégrer 

Enfin, des éléments manquants du décor ont été restitués grâce à des modelages réalisés sur les éléments équivalents en symétrie du décor sculpté du miroir. Après avoir été déposés sur la structure en bois, ils ont été retouchés grâce à l’assiette à dorer, une argile particulière utilisée comme base pour la feuille dans la technique de la dorure à la détrempe. Une technique aussi appliquée sur les comblements de la troisième étape.