Portrait de Maurice Eliot (1862-1945)

1900
81,4 x 71,3 cm
Fusain, craie blanche sur papier préparé.

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L’art du Portrait-charge

« Le portrait-charge est un portrait souligné, on pourrait dire un portrait intense ; le détail caractéristique n’est pas toujours celui qui se voit le plus. Mais quand on tient ces détails révélateurs, quelle lumière tout d’un coup ! On pourrait dire qu’on arrive à une interprétation qui est mieux que la ressemblance » : c’est ainsi que Charles Léandre définit l’art de la caricature, cet art dans lequel il s’est acquis une réputation internationale. Très tôt, un talent naturel à saisir les ridicules d’une physionomie et une admiration pour Daumier avaient orienté Léandre vers le portrait-charge. Il rencontre le rédacteur en chef du Rire, en 1890, qui lui offre régulièrement une double-page dans son journal. Dessinateur infatigable, il collabore régulièrement à l’Assiette au beurre, l’Almanach Vermot, l’Illustration, au Figaro, au Cornet… En 1904, Léandre crée la Société des dessinateurs humoristes avec Louis Morin, un de ses amis proches. Il fonde également le journal Les Humoristes. Ses caricatures peu amènes de la reine Victoria (fig. 1), cible récurrente de sa mine acérée, créeront le scandale outre-manche...

Le crayon à la main, il traque sans relâche les personnalités politiques, les artistes et ses camarades d’atelier. Parmi ceux-ci, Maurice Eliot (1862-1945), son ami de longue date, croqué ici lors d’une entrevue à Paris en 1900.

 

« Héro et Léandre »

Maurice Eliot et Charles Léandre ont seize ans lorsqu’ils se rencontrent en 1878 chez le peintre Émile Bin (1825-1897), à Paris, rue Caulaincourt, où ils sont tous deux placés en apprentissage. Ils intègrent ensuite ensemble l’atelier de Cabanel (1823-1889) à l’École des Beaux-arts. Entre 1882 et 1890, ils s’installent et décident de partager un atelier, d’abord boulevard de Clichy, puis rue Houdon. Parmi la communauté des artistes, leur complicité sans faille leur vaut le sobriquet d’« Héro et Léandre ». 

Leur atelier commun, « l’un des plus chers souvenirs de notre jeunesse d’artiste » selon Eliot, est un objet d’étude pour Léandre qui en fait le sujet de nombreux pastels deux d’entre eux sont aujourd’hui visibles au musée de Vire, qui a pu acquérir en 1968 une partie du fonds d’atelier de l’artiste. Leur travail achevé, les deux amis y organisent des « soirées » animées où ils reçoivent artistes et modèles pour lire des vers, chanter et danser au son vieux piano désaccordé. Pendant ces fêtes, Léandre remplit ses carnets de petits portraits-charges de ses amis saisis sur le vif. Eliot et Léandre se sont portraiturés à de multiples reprises : on connaît par exemple un joli pastel (fig. 2) de Maurice Eliot représentant son camarade, en plein travail, daté de 1886 et dédicacé « à ce vieux Léandre ».

Dans le portrait-charge de la collection Rosenberg, Léandre accentue les caractères distinctifs du visage de son ami (fig. 3) accoudé à une table : traits osseux, le nez long, les oreilles décollées, le teint pâle et le regard perçant d’Eliot.

En parallèle de son activité de caricaturiste, Léandre continue d’exposer dans les genres plus traditionnels du portrait et du paysage, et bénéficie d’une renommée certaine dans la pratique du pastel. Sur champ d’or (fig. 4) représentant une femme au regard mystérieux dont la silhouette se détache sur les stries lumineuses jaunes et orangées s’impose comme l’une de ses plus belles réussites. Le talent qu’il acquiert dans cette technique l’a fait rechercher par-delà les frontières – la reine Wilhelmine des Pays-Bas lui commande un pastel allégorique, le Rêve hollandais, mettant en scène son désir de donner un héritier à la couronne. Lorsqu’il dessine cette feuille en 1900, Léandre est à l’apogée de sa carrière : après avoir obtenu une médaille d’or à l’Exposition universelle pour avoir réalisé des lithographies dans une compétition opposant cinq artistes sélectionnés, il est fait chevalier de la Légion d’honneur.

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