Cette peinture sur bois a été restaurée en 2025, à la suite de son acquisition en 2023. Elle représente une des batailles menées par Henri IV au début de son règne, lorsque ses droits à la Couronne de France étaient contestés par les factions de la Ligue catholique, opposée à l’avènement d’un roi de confession protestante.
L’œuvre présentait un état de conservation et de présentation insatisfaisants. La couche picturale s’était désolidarisée de son support (on parle de soulèvements) en de nombreux endroits et les planches de celui-ci avaient bougé au cours du temps, engendrant une instabilité susceptible d’évoluer et d’aggraver les dégradations. En plus de ces altérations structurelles, l’œuvre présentait un vernis oxydé et jaunis, fortement encrassé, qui ne permettait plus d’apprécier la fraicheur des coloris de la matière originale.
Malgré cet état préoccupant, la peinture présentait peu de lacunes et le réseau de craquelure d’âge, résultant du vieillissement naturel de la matière, demeurait stable.
Pour cette opération, deux restaurateurs de peintures aux compétences complémentaires sont intervenus sur l’œuvre : un restaurateur spécialisé dans la couche picturale, et un restaurateur spécialisé dans le traitement des peintures sur support en bois. L’intervention se déroule en trois étapes.
Le premier objectif du traitement est la consolidation des fragilités de l’adhérence de la couche picturale et un nettoyage permettant de retirer les vernis oxydés qui exercent une contrainte sur la couche picturale. Les restaurateurs commencent par effectuer des tests afin de vérifier la réactivité des matières à retirer et d’adapter le pH des produits. Plusieurs méthodes peuvent être combinées afin de s’adapter à l’œuvre, dont les composants peuvent avoir vieilli de manière hétérogène (gels solvants et/ou émulsions aqueuses). Le nettoyage est progressif, par couche successive et le niveau d’intervention est discuté à chaque étape avec la conservatrice responsable de l’œuvre. On ne retire que les couches de vernis superficiel et on ne touche jamais à la matière originale de la peinture. Le refixage des zones soulevées se fait avant et pendant le nettoyage des vernis.
Cette œuvre est peinte sur un panneau de chêne de 6 mm d’épaisseur qui comprend trois planches à fil horizontal. Le joint inférieur s’est ouvert, entrainant des désordres dans la couche picturale. La fente de 19 cm était susceptible de continuer à s’ouvrir.
Le restaurateur du support a procédé au recollage du joint ouvert par infiltration de colle de poisson et a contrôlé la stabilité des autres joints.
Le vieillissement de l’œuvre et les mouvements du bois ont entrainé de petites pertes de matière picturale. Ces lacunes ont été comblées par un mastic souple, qui permet de redonner de la cohérence à la couche picturale. L’œuvre est ensuite recouverte d’un premier vernis, adapté à sa sensibilité et aux futures conditions d’exposition dans le musée.
Le restaurateur procède ensuite à la réintégration, c’est-à-dire la retouche des lacunes et des zones d’usures, nécessaire pour rétablir des plans, restructurer les plis de vêtements disparus, et rééquilibrer l’harmonie générale de la composition. Ce travail minutieux est réalisé pas à pas, par petites retouches, avec des matériaux stables et réversibles, afin de respecter au maximum l’œuvre originale et de lui rendre son éclat sans trahir son histoire.
Avant la restauration du tableau © CD92 / Willy Labre
Après la restauration du tableau © CD92 / Willy Labre
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