Restauration d’un Portrait de saint François de Sales par l’atelier de Jacques II LAUDIN(1663-1729)

Atelier de Jacques II LAUDIN (1663-1729) 
Portrait de saint François de Sales

Début du XVIIIe siècle
Émail peint sur cuivre
H. 10 cm ; L. 7 cm
Inv. 2025.7.742 

Atelier de Jacques II Laudin (1663-1729), Portrait de saint François de Sales, début du XVIIIe siècle, émail peint sur cuivre, après restauration. Département des Hauts-de-Seine, musée du Grand Siècle, inv.2025.7.742
© Agathe Petit

Cette plaque en cuivre émaillée, représentant saint François de Sales, peinte dans l’atelier de Jacques II Laudin (1663-1729), a été restaurée en 2025. Agathe Petit est intervenue sur le support et la couche émaillée.

Le constat d’état et le diagnostic de l’œuvre

L’œuvre présentait sur la surface un encrassement généralisé, des rayures et des lacunes d’émail. La plaque de cuivre, déformée sur les bords, marquée par des pertes de matière, était aussi percée à deux endroits.

L’examen sous rayonnements ultra-violets a montré la présence de restaurations anciennes en résine sur tout le décor encadrant le médaillon et à droite du visage de saint François de Sales, ainsi que sur l’émail du revers de la plaque. Les restaurateurs ont pu utiliser des produits acides ou basiques auxquels le verre et le métal sont sensibles, accélérant leur processus de dégradation.

Première étape : dépoussiérage et nettoyage

Le dépoussiérage a été réalisé à l’aide d’un pinceau doux en poils de chèvre. Les surfaces vitreuses saines ont été nettoyées à l’aide d’une solution d’eau déminéralisée et d’éthanol. Les produits de corrosion du cuivre ont été éliminés à l’aide d’une lame de scalpel.

Deuxième étape : dé-restauration

La restauratrice a appliqué de l’éthanol sur les matériaux de comblements des anciennes restaurations, qui se sont avérés très compacts et adhérents au cuivre et à l’émail. Une fois ramollis, ils ont été enlevés à la lame de scalpel ou au bâtonnet de bois. L’éthanol a aussi permis de retrouver les couleurs d’origine du décor encadrant le médaillon, en enlevant des repeints jaunes, noirs et blancs.

Troisième étape : consolidations de la plaque et comblements

Les bords lacunaires de la plaque ont été infiltrés d’une solution adhésive, afin d’éviter toute nouvelle perte de matière. Pour combler les sauts d’émail, une résine thermoplastique a été utilisée, chargée de microsphères de verre et teintée noir de fumée.

Quatrième étape : reprise des lignes des décors

Tout en restant proche de l’œuvre, les lignes de la partie inférieure (bandeau blanc et lettrages noirs), ainsi que les éléments de décors composant le cadre du médaillon (décors jaune, rouge, violets et dorés) ont été repris à la peinture.