Publié le 05 janvier 2026

Don : Un livre de prières aux armes d’Anne d’Autriche (1601-1666)

Grâce à la générosité de la Société des amis du musée du Grand Siècle, les collections du musée se sont enrichies d’un livre de prières aux armes d’Anne d’Autriche (1601-1666).

Témoignant de l’évolution de la reliure et des pratiques de dédicaces au XVIIe siècle, l’œuvre sera exposée dans la séquence du musée dédiée à l’art de vivre au Grand Siècle et plus particulièrement dans les espaces consacrés au développement de l’imprimerie et des bibliothèques.

Livre ancien fermé, reliure rouge et dorée
Claude Sanguin, Heures en vers françois. Contenant les CL Pseaumes de David, etc…,1660, in-octavo. Département des Hauts-de-Seine, musée du Grand Siècle, inv. 2025.14.1© DR

Rendu moins onéreux par l’invention de l’imprimerie à la Renaissance, le livre reste, au XVIIe siècle, un objet coûteux et peut, lorsque sa reliure est particulièrement travaillée et lorsqu’il est orné d’estampes de qualité, devenir un objet de grand luxe.

Le livre d’heures acquis par le musée du Grand Siècle présente un opulent décor « à semé ». Caractéristique des années 1580-1650, il consiste à reproduire sur la surface des plats de la reliure un même ornement, ici des fleurs lys dorées. Opulent, ce semis est également estampé sur le dos de l’ouvrage, dans les caissons formés par les nerfs de la reliure.

La reliure est estampée en son centre des armes d’Anne d’Autriche, veuve de Louis XIII (1610-1643) et régente du royaume jusqu’à la majorité de Louis XIV en 1651. La cordelette de veuve qui entoure l’écu permet de dater la reliure après 1643, ce que confirme le corps de l’ouvrage, publié en 1660 par Claude Sanguin à Paris. La présence des armes de la régente indique que le livre a figuré dans une des bibliothèques d’Anne d’Autriche, probablement offert par l’auteur. L’ouvrage est cependant dédicacé à la reine Marie-Thérèse, belle fille d’Anne d’Autriche, dont les noces avec Louis XIV sont célébrées en juin 1660. Pratique répandue depuis des siècles, la dédicace permettait aux auteurs ou aux éditeurs de se placer sous la protection d’un grand personnage, dans l’espoir d’obtenir des commandes ou des avantages pécuniers.